La cour des miracles de l'antenne de Lecher
La cour des miracles de l'antenne de Lecher : ce que trente ans d'atelier m'ont appris
Il y a des métiers qui rendent sage sans qu'on l'ait cherché, et le mien en fait partie. Depuis que j'ai posé mes premières limes sur du laiton pour façonner ce qui deviendrait, des années plus tard, l'antenne de Lecher EDD®, j'ai vu défiler sur mon établi et surtout dans les colis que l'on m'envoie parfois « pour comparaison », avec ce mélange de fierté et d'inquiétude propre à celui qui vient de faire une bonne affaire à peu près tout ce que l'ingéniosité humaine peut produire lorsqu'elle rencontre l'appât du gain sans y adjoindre, hélas, le moindre soupçon de rigueur. Hermès Trismégiste enseignait, dans les pages fondatrices du Corpus Hermeticum, que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et que la matière n'est jamais que le reflet grossier d'un ordre plus subtil. J'ajouterai, en praticien plus qu'en philosophe, qu'un instrument mal fait est aussi le reflet fidèle d'une pensée mal faite : on ne bricole pas un outil de perception fine avec la désinvolture d'un artisan pressé de livrer avant le week-end.
Une réglette où l'on ne mesure même pas son café du matin
Commençons par le commencement, ou plutôt par ce qui, dans le désordre du marché actuel, tient lieu de commencement : ces antennes venues d'ailleurs, généralement d'Inde, que de pseudo-fabricants le mot est faible, disons plutôt des habilleurs d'objets se contentent de restickerer avant de les revendre comme si l'estampille suffisait à conférer la vertu. On reconnaît sans peine, sous le vernis et l'étiquette neuve, la silhouette pataude d'une copie mal exécutée des célèbres antennes ACMOS, dont le mérite historique n'est plus à démontrer et que je ne songerais pas un instant à dénigrer : ce sont les copies, non l'original, qui posent problème. Car copier n'est pas comprendre, et l'on peut reproduire une forme pendant des décennies sans jamais avoir saisi le principe qui l'anime c'est là, du reste, tout le drame des faussaires en art comme en ésotérisme, et René Guénon, dans ses Aperçus sur l'initiation, ne disait pas autre chose lorsqu'il distinguait la contrefaçon de la véritable transmission : la forme extérieure peut être imitée à l'infini, l'influence spirituelle, elle, ne se falsifie pas.
J'ai ainsi tenu entre mes mains des antennes affublées d'une réglette si microscopique que je serais bien en peine, avec elle, de mesurer le diamètre de ma tasse d'expresso du matin et pourtant Dieu sait que je ne bois pas mon café dans un dé à coudre. Que voulez-vous mesurer avec un tel outil, sinon votre propre déception ? La réglette, sur une antenne de Lecher digne de ce nom, n'est pas un détail cosmétique que l'on rajoute pour faire sérieux : c'est l'espace même où se joue la lecture de la longueur d'onde, l'endroit précis où le geste du praticien rencontre la physique du phénomène.
Quand l'antenne ressemble à un vaisseau de Star Wars
Et puis il y a l'excès inverse, tout aussi savoureux à observer si l'on garde, comme je m'efforce de le faire, un minimum d'humour dans ce métier : des antennes hérissées d'une telle quincaillerie électrique, de tant de connecteurs, de boutons, de gadgets branchés les uns sur les autres, que l'on finit par se demander si l'on tient un instrument de radiesthésie ou un accessoire échappé du plateau de tournage d'un épisode de Star Wars. Je n'ai rien contre l'esthétique futuriste Dark Vador a ses adeptes, et je le comprends mais je peine à voir en quoi accumuler des composants sur un objet dont le principe repose sur la sobriété du circuit sert la cause du praticien. Umberto Eco, dans Le Pendule de Foucault, s'était amusé avec un talent féroce à décrire ce monde où l'accumulation de symboles finit par tenir lieu de sens, où plus on empile de signes ésotériques, plus on croit toucher au mystère, alors qu'on ne fait souvent que l'éloigner davantage.
On comprend, à la lumière de ces deux excès le trop peu et le trop plein, que le marché de l'antenne de Lecher ressemble décidément à ce que les Français, avec cette élégance qu'a la langue pour nommer le désordre, appellent une cour des miracles : ce quartier du vieux Paris où les mendiants feints redevenaient miraculeusement valides une fois la nuit tombée et les badauds éloignés. On y trouve de tout, on y croise des personnages hauts en couleur, et il convient, pour qui s'y aventure, de garder les yeux grands ouverts.
Garder l'esprit ouvert, sans pour autant fermer les yeux
Je ne voudrais pourtant pas que ces lignes sonnent comme le réquisitoire amer d'un vieux fabricant jaloux de sa part de marché. Il faut bien, après tout, que chacun puisse tenter sa chance et se faire une place au soleil ; le monde de l'artisanat n'a jamais été un jardin fermé, et l'histoire des sciences comme celle des traditions ésotériques regorge d'inventeurs modestes devenus, à force de persévérance, des références. Les alchimistes de la Renaissance eux-mêmes ne sont pas tous nés maîtres : combien d'apprentis besogneux, avant de percer le secret du grand œuvre, ont d'abord raté leurs fourneaux et noirci leurs creusets en pure perte ? L'échec fait partie du chemin, et je ne jetterai la pierre à personne pour avoir simplement essayé.
Ce que je vous invite, en revanche, à ne jamais abandonner, c'est votre sens critique. Car dans ce domaine plus qu'ailleurs, l'enthousiasme du néophyte est une porte grande ouverte à toutes les déconvenues, et l'on m'a vu plus d'une fois consoler des praticiens sincères qui avaient investi dans un objet séduisant sur la photographie et parfaitement inopérant entre les mains. L'expérience originelle d'Ernst Lecher, ce physicien autrichien dont le nom a traversé le siècle pour venir se poser, presque par accident de l'histoire, sur nos pratiques radiesthésiques, nous enseigne trois exigences précises. Elles ne relèvent d'aucune croyance particulière : elles sont, si j'ose dire, les conditions de possibilité de l'instrument. Sans elles, ce que l'on tient entre les mains n'est rien d'autre qu'une tige pliée en U, aussi joliment finie soit-elle, et il faudrait alors, pour espérer un résultat, prononcer un vigoureux abracadabra et se résoudre à verbaliser sa recherche comme on le ferait avec un pendule ce qui n'a rien de déshonorant en soi, mais qui n'a plus grand-chose à voir avec le principe même de l'antenne de Lecher.
Ce qui est vital à votre antenne de Lecher
La première de ces exigences, et sans doute la plus facilement oubliée par ceux qui confondent l'instrument avec un talisman, concerne la source d'énergie. Votre antenne de Lecher n'est pas un objet magique qui agirait de lui-même, comme une baguette dispenserait ses effets sans le concours du sorcier : c'est un outil qui fonctionne en résonance avec votre ressenti et votre énergie subtile, celle-là même que les traditions orientales nomment prâna ou qi, et que l'hermétisme occidental a longtemps désignée sous le terme d'esprit universel diffusé dans toute matière. Sans cet apport, sans cette part de vous-même que vous engagez dans le geste, l'instrument le plus parfaitement usiné du monde ne restera qu'un assemblage de métal froid.
La deuxième exigence touche à la conductivité électrique, et c'est ici que le bât blesse le plus souvent chez les fabricants pressés ou peu scrupuleux. Il faut que l'énergie puisse circuler de votre bras droit à votre bras gauche sans la moindre interruption, en traversant impérativement le curseur : c'est cette continuité, vérifiable au multimètre pour qui doute encore de la matérialité du phénomène, qui fait toute la différence entre un véritable instrument de mesure vibratoire et un lourd pendule déguisé en réglette. Si le courant ne circule pas, si le circuit est rompu quelque part entre le fil de gauche et le fil de droite, alors votre antenne, aussi élégante soit-elle sur l'étagère, n'est jamais qu'une tige pliée en U.
Et vient enfin la troisième condition, celle du curseur, pièce maîtresse trop souvent négligée dans sa conception : il doit contraindre l'énergie électrique à circuler à cent pour cent à travers lui pour passer du fil de Lecher gauche au fil de Lecher droit. Un curseur mal conducteur, oxydé, ou conçu sans le soin nécessaire, c'est un pont à moitié effondré sur lequel on demanderait pourtant à toute la circulation de passer : le courant subtil, comme le courant électrique, ne pardonne pas les demi-mesures.
Le testeur de courant, ou la vertu du doute méthodique
Ce qui est heureux, dans cette affaire, c'est que ces trois conditions ne relèvent pas de la seule croyance : elles se laissent vérifier, avec un instrument aussi prosaïque qu'un simple testeur de courant, comme on vérifierait la solidité d'une poutre avant d'y suspendre tout le poids de sa maison. Descartes lui-même, dans son Discours de la méthode, invitait à ne rien tenir pour vrai que l'on n'ait soigneusement examiné ; il ne parlait certes pas d'antennes de Lecher, mais l'esprit qui l'animait s'applique ici à merveille. Encore faut-il comprendre ce que l'on mesure, car la matière a ses pièges et ses fausses évidences.
Si les fils de Lecher forment simplement une tige pliée en U d'un seul tenant, la conductivité électrique existera de fait, par la seule nature métallique de la pièce, du bras droit au bras gauche et l'on pourrait, à tort, croire l'instrument parfaitement fonctionnel sous prétexte que le courant y circule bien. C'est précisément là que le curseur doit entrer en jeu : car si cette pièce, censée moduler et canaliser le passage de l'énergie, n'est pas elle-même entièrement conductrice, elle ne sert littéralement à rien, sinon à faire joli sur le fil.
La famille des antennes Abracadabra
Ainsi, lorsque vous rencontrez des antennes de Lecher dont le curseur est intégralement en plastique, ou dont le curseur n'est pas en contact réel avec les fils de Lecher, ou encore dont les bras eux-mêmes ne touchent pas les fils censés les prolonger, posez-vous très sérieusement la question : comment cela peut-il fonctionner ? Je vous avoue bien volontiers que je ne détiens pas toutes les réponses, et loin s'en faut je ne prétends à aucune omniscience sur les vertus de chaque objet qui circule sur ce marché. Mais faute de mieux, j'ai pris l'habitude d'appeler cette famille bien particulière les antennes Abracadabra, car pour moi, elles nous rapprochent bien davantage du pendule classique que de l'antenne de Lecher au sens où Ernst Lecher lui-même l'entendait.
| Curseur en plastique pas de connexion électrique. | Curseur avec liaison conductrice à 100% |
Mon conseil, s'il fallait n'en retenir qu'un seul, tiendrait en trois verbes : réfléchissez, observez, et surtout demandez-vous comment cela fonctionne réellement. Votre antenne n'est pas magique, elle est technique de la même façon qu'un poste de radio se cale sur une fréquence grâce à un bouton avant que l'on y branche le courant pour écouter ce que l'on a réglé. Ne soyez pas crédule, posez des questions avant votre achat, et ne vous laissez surtout pas envelopper d'un nuage de mystère fabriqué de toutes pièces pour masquer l'absence de technique.
Fuyez ceux qui ne savent parler qu'en du mal des autres
J'ajouterai une dernière observation, plus subtile peut-être, mais tout aussi précieuse pour qui navigue dans cette cour des miracles : méfiez-vous, et fuyez même, celui qui ne construit son discours commercial qu'en dénigrant les antennes des autres, que ce soit à l'oral ou dans ses écrits. Car affirmer que le produit du voisin ne vaut rien n'a jamais démontré, par quelque tour de logique que ce soit, que le sien est de qualité. Ce sont deux affirmations distinctes, et la seconde ne découle jamais automatiquement de la première. Or vous le savez, vous qui évoluez dans ce monde de l'énergie et de la subtilité : déployer des énergies et des paroles négatives à l'encontre d'autrui est déjà, en soi, un drapeau rouge qui devrait vous faire prendre vos jambes à votre cou. On ne construit rien de solide sur les décombres que l'on inflige aux autres, et l'histoire spirituelle de l'humanité, sous toutes ses latitudes, l'a répété sans relâche. L'Évangile selon Matthieu le formule avec une économie de mots qui n'a rien perdu de sa force à travers les siècles : « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. »
Tolérance et bienveillance sur le chemin de l'harmonisation
Car au fond, c'est bien de cela qu'il s'agit lorsqu'on s'aventure sur le chemin de la radiesthésie, de l'harmonisation et de la recherche spirituelle : d'un chemin, justement, et non d'une compétition dont il faudrait éliminer les concurrents pour mériter d'arriver au bout. Les traditions les plus anciennes s'accordent, par-delà leurs différences de vocabulaire et de rituel, sur un point que l'on redécouvre à chaque génération avec la même stupeur : la paix intérieure ne se conquiert jamais contre autrui, elle se cultive avec lui, ou du moins à ses côtés. Mircea Eliade montrait combien les rites de passage, dans les sociétés traditionnelles, visaient moins à séparer l'initié du reste du monde qu'à le réintégrer, transformé, dans une communauté élargie. L'ésotérisme véritable n'isole pas, il relie le mot religion lui-même, selon une étymologie souvent avancée, renvoie à l'idée de relier, religare.
Il y a donc, dans la tolérance envers les chemins différents du nôtre, et dans la bienveillance envers ceux qui débutent ou qui se trompent, quelque chose de plus qu'une simple politesse sociale : il y a une cohérence profonde avec l'objet même de notre recherche. Comment prétendre harmoniser un lieu, une personne, une fréquence, si l'on cultive par ailleurs, dans son propre discours, la discorde et le mépris ? L'outil que vous tenez entre les mains, aussi bien conçu soit-il, ne vaudra jamais que ce que vaut l'intention qui le guide. C'est pourquoi je préfère, à la logique du dénigrement, celle de la transmission patiente et du dialogue exigeant : vous informer, vous outiller de repères techniques solides, et vous laisser ensuite libres de choisir, en conscience, l'instrument qui vous convient.
Vous retrouverez, sur notre site ved-distri.com, l'ensemble de notre collection l'antenne de Lecher EDD®, la Rétro, l'Asclépios ou encore l'Allemande pensée pour couvrir la diversité des besoins et des pratiques, du débutant curieux au chercheur aguerri. Mais quel que soit l'instrument vers lequel vous inclinerez, souvenez-vous que la véritable harmonisation commence toujours un peu avant que le curseur ne se pose sur le fil : elle commence dans la qualité du regard que l'on porte sur soi-même, et dans la bienveillance que l'on choisit, chaque jour, d'offrir aux autres chercheurs de vérité.
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